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.........................................................................................................................................ENTRE-NOUS (projet)
2006-2007
dessins à l'encre et technique mixte
recherche pour les portraits sérigraphiés

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Pour ce projet, l’accent sera mis sur la notion de « multiple », tant au sens strict de la technique employée, la sérigraphie, qu’à celui du nombre de pièces convoquées : plusieurs portraits aux dimensions variables reproduite un certain nombre de fois, viendront investir le lieu. Au traditionnel portrait réaliste, unique et scrupuleux, se substituent des figures simplement cernées de noir, de fait réduites à une icône. A la manière de la pose requise par le protocole du portrait classique, ces figures, tirées des journaux et autres périodiques, stigmatisent les attitudes récurrentes de nos contemporains face à l’objectif. En outre, le schéma de l’habituelle enfilade chronologique est abandonné, l’accrochage privilégiant un traitement plus analytique. C’est une galerie dynamique où la linéarité n’est plus de mise, où le rapport entre les masses domine. Une autre approche du sujet se dessine alors : l’interaction entre les personnages n’est plus fondée sur un lien historique, sur la filiation, mais davantage sur les rapports de force qui se tissent entre les individus. Les mêmes visages, douze au total, se rencontrent au hasard des cimaises, pour une fiction chaque fois renouvelée. Douze chaises différentes placées au centre de l'espace viennent en complément des portraits et renforcent l'installation. Elles offrent la possibilité d'un moment de pause propice à une attention accrue et à un rapport plus dynamique aux oeuvres. Assis de la sorte, le spectateur pourra s'imaginer dans la situation d'être portraituré et, de ce fait, s'identifier davantage au groupe. Le titre de l'exposition, "entre nous", induit également l'idée d'un salon, d'un lieu où être ensemble, où l'on peut déplacer les sièges à loisir, en fonction de ses affinités. Dans une sorte de parodie du jeu des chaises musicales, on rejoint alors les histoires sociales jouées au mur. En effet, le choix du rythme et de l’agencement des portraits, tantôt assemblés en groupe compact, tantôt complètement isolés les uns des autres, évoque des notions aussi diverses que la cohésion sociale, la marginalité, la séduction, la solitude ou le pouvoir. De même, les trois formats en présence permettent de créer des rapports de tensions visuels. Ainsi, selon sa position, un même personnage gagnera en force ou en faiblesse, sera fondu dans la masse ou rendu autoritaire. Il ne s’agit donc plus à proprement parler de l’individu mais de son inscription dans la collectivité, de son statut social. C’est dans ce travail d’ajustement que réside tout l’enjeu du projet : du déséquilibre volontaire peut naître une sensation de mésentente, provoquer une situation de disgrâce ; dans l’équilibre c’est un sentiment de repos, de concorde qui domine. Ce mode de fonctionnement a pour conséquence d’apparenter cette pièce à une installation plus qu’à un accrochage classique. Seule indication permettant de singulariser les personnages, les aplats colorés qui se superposent à eux, écho graphique de leurs états d’âme. Néanmoins, le rythme imprimé par la répétition des figures et par l’hétérogénéité de l’accrochage, contribue à la dissolution de l’individu comme entité particulière pour le poser exclusivement en tant qu’être social. La technique de la sérigraphie, par opposition à la peinture conçue comme une pièce originale, si elle renforce encore cette désacralisation du portrait, confère aussi une grande énergie à l’ensemble. La profusion qu’elle autorise nous éloigne encore de la rigidité du portrait unique, dont la valeur ne varie pas. Le procédé permet à l’artiste de signifier les mutations possibles, le mouvement incessant, la fulgurance des ascensions et le vertige des chutes. De dessiner en filigrane l’inconstance émotionnelle des individus, leur fragilité, leurs errances ou leurs élans. L’installation gomme en quelque sorte la fixité de l’Histoire pour s’attacher à rendre compte des mouvements humains complexes qui écrivent ce qui advient maintenant.

Valérie NAM. avril 2007

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